8 Novembre 2012
La presse a trouvé une nouvelle marotte. Le retour de Nicolas Sarkozy ! Est-il possible ? Est-il souhaitable ? Autant de questions qui nourrissent les éditoriaux, les enquêtes et les articles des quotidiens et des hebdomadaires ces dernières semaines. Nicolas Sarkozy est à l’évidence un sujet plus « vendeur » que son successeur.
Mais parmi toutes ces questions, il y en a une qui n’est jamais abordée : un retour de l’ancien Président serait-il utile pour l’opposition ?
A cette question, je réponds très simplement non et au moins pour trois raisons : La défaite à l’élection présidentielle est d’abord la conséquence d’un comportement de Nicolas Sarkozy que les Français ont massivement rejeté. Il a causé notamment dans les rangs centristes et de certains conservateurs un véritable traumatisme qui ne peut se soigner que par un oubli progressif. Un retour de Nicolas Sarkozy au contraire ne pourrait que l’aviver. Le retour de Nicolas Sarkozy créerait dans l’opposition un profond clivage et surtout contribuerait à maintenir vivace chez ses partisans le mythe de l’homme providentiel qui conduit naturellement à l’inutilité de la production d’un vrai projet pour le pays, alors même qu’il s’agit là de l’attente prioritaire de nos concitoyens notamment du fait de la sensation de « pilotage à vue » que provoque l’action du gouvernement actuel. Enfin son retour mettrait à mal la reconstruction de cette opposition autour de deux pôles UMP et UDI, seul moyen de rassembler un électorat majoritaire pour les prochaines échéances en mordant et sur la droite et sur la gauche, mais sans dérapage vis à vis de nos principes républicains. Il faut pour que cette reconstruction aboutisse que disparaissent les oripeaux d’un passé au cours duquel le centralisme et une tendance à la droitisation stigmatisante ont été les deux éléments d’une gouvernance qui s’est soldée par un échec.
Je sais l’intelligence politique très grande de l’ancien Président de la République. J’avais trouvé regrettable qu’en 1995 après sa victoire Jacques Chirac ait voulu l’écarter des responsabilités politiques ; Je trouverais tout aussi regrettable qu’aujourd’hui certains, au nom d’une nostalgie sans doute guidée par une amitié que je partage, aient la volonté de l’imposer.